Dimanche 4 juillet 2010 7 04 /07 /Juil /2010 23:08

 

Au-delà du choix de la couleur de la cuisine qu’Il voulait acheter pour remplacer la leur, c’est sur la question du placard à balai, sans « s » car il n’y en avait qu’un, et de balai et de placard, que se focalisait toute leur discussion ce soir là. Il pensait que ce serait bien de disposer d’un placard à balai dans la cuisine afin d’y ranger le balai, pour qu’il ne traîne plus comme maintenant. Elle pensait qu’un balai n’avait pas sa place dans la cuisine et qu’Elle ne comprenait au nom de quel principe c’est lui qui devait décider de ce qui était bon ou pas pour Elle. En effet, c’est Elle qui balayait la cuisine régulièrement. Il disait qu’un placard à balai c’était quand même bien pratique surtout pour y mettre aussi la pelle et la balayette ! Elle disait :

-       « Tu verras, ce sera quand même le bordel, parce que les rares fois où tu balayes t’es trop fainéant pour ramasser les balayures et les mettre à la poubelle ! D‘ailleurs d’ici à ce que tu les mettes dans le placard à balai çà ne m’étonnerait pas … comme ça, on ne les verrait pas traîner ! »

 

 

L’Autre, qui était venu dîner chez eux ce soir là, était surpris de ces échanges parfois virulents qui étaient partis de la volonté qu’Elle avait exprimée de changer sa vieille cuisine qu’Il avait fait de ses propres mains sans jamais totalement la terminer. En effet, il manquait une porte par ci, une autre ne fermait pas par là, un tiroir était complètement déglingué… ni fait ni à faire. L’Autre osa une question à Il :

-       « Mais pourquoi n’installerais-tu pas une centrale d’aspiration ? »

Il répondit : 

-       « Parce que le bout de tuyau qu’on doit utiliser prend autant de place qu’un aspirateur »

L’Autre l’interrogea : 

-       « Mais ton placard à balai, pour un seul balai, est aussi, voire plus, encombrant qu’une centrale d’aspiration, donc tout aussi disproportionné que le tuyau dont tu parlais tout à l’heure ! »

 

Il réfléchit, hésite puis déclare :

-       « De toutes façon j’en veux pas, et puis un placard à balai c’est tellement mieux, tellement pratique … Je ne comprend pas qu’on ne puisse pas avoir d’endroit où ranger le balai ! »

 

En s’adressant à Elle, qui débarrasse la table, l’Autre dit : 

-       « Ton frigo est mal fermé ! »

-       « T’as l’œil ! » répondit-elle !


Il ajouta : 

-       « Pourquoi ne râles-tu pas quand l’Autre là, te dit ça ? »

L’Autre précisa : 

-       « Parce que c’est factuel, je ne lui ai pas dit, comme tu dois probablement le ferais :  tu as encore laissé ton frigo ouvert !  Cet ‘’encore’’, plus qu’un adverbe de temps, donc d’impatience, de lassitude, voire d’exaspération, … est à lui seul un jugement de valeur, une condamnation, il est synonyme de … ‘’t’es vraiment nulle… !’’

Il sourit et Elle aussi. Tous deux sourient donc ensemble. L’Autre avait sans en avoir l’air, avec cette remarque, pris la maîtrise de l’échange et l’Autre en profita pour poursuivre en interpelant Il : 

-       « Mais chez toi, dans le temps, chez ta mère, où les balais étaient-ils rangés ? »

-       « Dans le placard à balai qui était dans l’entrée juste à côté de la cuisine »

-       « Et qu’en pensait ta mère  ? »

-       « Ben que c’était pratique »

Puis en s’adressant à Elle :

-       « Et toi, chez ta mère où se rangeaient les balais ? »

-       « Dans la descente d’escaliers ! »

-       « Et pourquoi tu ne les mets pas toi aussi dans la descente d’escaliers ? »

-        « Parce qu’Il y a mis un porte manteau qui m’empêche de le faire ! Mais en plus il y aurait bien de la place dans le placard dans le couloir, mais Il y a foutu tout son bordel ! Tu es bordélique, tu ranges rien ! »

 

L’Autre expliqua :

-       « Ce qu’il y a d’intéressant dans la constitution d’un couple et d’une famille, c’est le croisement voire le choc des habitudes et usages de chacun…! Par exemple le beurre, dans certaines familles on le coupe perpendiculairement à la plaque de beurre parfois dans la largeur, parfois dans la longueur. Dans d’autres familles on le racle parfois sur les angles parfois sur toute ou partie de sa face supérieure ; et dans certains cas on le creuse…  Comment était-ce chez vous ? » 

Il dit : 

-       « Je le coupe perpendiculairement dans le sens de la largeur »

Et Elle dit :

-       « Je le racle ! »

L’Autre demanda alors comment faisaient les enfants  et Elle lui répondit :

-       « Y mangent pas d’beurre ».

Il & Elle interpelèrent l’Autre :

-       « Et toi ? tu l’coupes comment l’beurre ? »

-       « Droit ! Tantôt dans l’angle, tantôt perpendiculairement à la longueur… »

-       « Et chez tes parents c’était comment ? »

-       « On le coupait perpendiculairement à la longueur … mais ça a été le premier moyen « conscient » de m’opposer à mes parents … qui n’aimaient pas ça car, d’après eux, ça faisait des histoires … »

 

L’Autre expliqua qu’il s’agissait là d’un problème culturel, d’un enjeu entre deux familles qui n’a pas été tranché. Les enfants ne voulant froisser ni l’un ni l’autre ont préféré ne pas aimer le beurre et donc ne pas être obligés d’en manger et par là de le trancher ! De la même façon que le beurre, le même type de problématique pouvait apparaître sur la façon de couper le pain, de faire servir et boire le café ou le thé, de faire la vaisselle ou le ménage, de ranger le frigo ou le lave-vaisselle,  de faire le lit, de plier le journal ou les serviettes, de cirer les chaussures, etc, etc …

 

La question du rangement du balai relevait de la même logique et était fondamentalement culturelle, parce que derrière cette question très pratique se cachaient des enjeux qui relevaient du plaisir ou de la satisfaction mais aussi de l’image de la mère de chacun… L’Autre ne se sentant pas suffisamment spécialiste de ce genre de questions préféra en rester là.

 

-       « En plus, » dit-Il

-       « Rappelles toi au début quand on allait chez ma mère, on se cachait dans le placard à balais pour s’embrasser »

-       « C’est quand même pas pour çà que tu vas me mettre un meuble à balai de 2mètres sur 2 avec des menottes, une guêpière et un fouet pour ranger le balai ? » rajouta-t-elle !

 

Il pensa nécessaire de rajouter :

-       « De toute façon cette cuisine c’est aussi le problème de savoir ce qu’on fait de toutes tes boîtes plastiques qui ne servent à rien ! »

L’Autre se dit alors qu’une nouvelle activité était en train de naître, celle de cuisino-thérapeute ou dis moi la cuisine que tu veux et je te dirai qui tu es !

 

Il répara sa cuisine ;

Elle vira ses boîtes inutiles ;

Le placard de l’entrée accueillit le balai, mais avec la pelle et la balayette ;

Elle acheta une guêpière ;

Il acheta des menottes ;

Les deux s’embrassaient parfois au milieu des balais, aspirateurs les pieds dans les balayures…

Et l’Autre devint cuisiniste !

 

 

Dijon le 25 octobre 2008

Par Rakam Lerouge - Publié dans : Un peu de travers
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Dimanche 16 mai 2010 7 16 /05 /Mai /2010 08:01

 

 

Oui il faisait froid mais l'ambiance était chaude... une vision personnelle de ces moments partagés... parfois très personnelle... il ne manquait que la lumière ... celle présente ces jours là n'étant pas de nature à être pixellisée...

Quelques photos d'abord puis une petite vidéo...

Bien sûr comme d'habitude il y a de grosses pertes de définition liées aux chargements...

 

 

 

 

 

 

 

Par Rakam Lerouge - Publié dans : Carnets
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Mercredi 10 mars 2010 3 10 /03 /Mars /2010 22:37

« A l’école on a commencé le régime nazi ! »

 

-      « Alors ? C’est quoi que t’as pas le droit de manger ? »

 

 

 

 

Un parachutiste dont le parachute

S’ouvre mal

Devient un paraplégique

 

Et quand le parachute

Ne s’ouvre pas du tout,

C’est le paradis

 

Par Rakam Lerouge - Publié dans : Un peu de travers
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 23:30

Un couteau à dents

Et un couteau Eve

 

Font-ils un couple tranchant

A l’humour aiguisé

Et l’amour affûté ?

 

Ou une passion émoussée ?

 

Une brosse à dents

Et une brosse Eve

 

Font-ils un couple décapant

A l’émail  élimé

Et le sourire illuminé

 

Ou l’haleine embaumée ?

 

La pomme d’Adam

Et la pomme d’Eve

 

Font-ils un couple croquant

A la saveur exquise

Et l’étreinte non permise

 

Ou un plaisir de crise ?

Par Rakam Lerouge - Publié dans : A travers la tête
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /Déc /2009 16:29

Bien être, Bien vivre

Voilà un beau rêve

Pour cette année qui arrive

Et qui soulève

L’envie de voir finir enfin ce neuf.

Nous ne regretterons pas d’en être veufs.

Il n’était pas vraiment vieux

Mais n’a guère fait d’envieux

Car l’abandon absolu du huit de l’infini

Laissant ce goût amer d’espoir inassouvi

Nous a entrainé dans les dédalles

De crises, d’excès presque fatals.

 

Après avoir banni

De l’an huit son infini,

Espéré du neuf

De l’an neuf,

D’un millénaire vierge

De siècles

Ce nouvel an dix ?

Un nouveau tour de vis ?

Ou enfin une autre vie

Du haut de sa décennie ?

 

Par Rakam Lerouge - Publié dans : A travers la tête
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Jeudi 31 décembre 2009 4 31 /12 /Déc /2009 10:25
Quelle idée ... partir un 24 décembre au soir ... Le départ d'un aéroport improbable fruit de la reconversion d'une base militaire américaine en Allemagne, à la frontière française. Un aéroport "familial" en quelque sorte ... et l'avion était à l'heure à Zweibrücken.

En cette période si particulière, à l'arrivée vers 19 heures tout est désert à Berlin-Schönefeld. Loin de tout dans le froid les halls de l'aéroport, les couloirs qui mènent aux trains sont vides, les cinquante passagers de ce vol à moitié rempli se sont évanouis, chacun dans des directions différentes. Il ne reste qu'une dizaine de personnes agglutinées devant les distributeurs de billets de "S-Bahn" dont les explications sont difficiles à interpréter même en français. 

Un train de la Ligne 9 attend sur le quai... nous sommes trois à monter dedans... et c'est tout!  Il se met en route et voilà Berlin nous appartient, même si on ne sait pas très bien jusqu'où va ce train! Grâce aux explications d'une dame qui nous explique le principe de ces transports nous parvenons à notre destination : Greifswalder Strasse. Cette station entre banlieue et ville est elle aussi fantomatique. Le hasard nous guide dans la bonne direction car la numérotation berlinoise n'a rien de logique, pas de côté pair, pas de côté impair ... les batiments sont numérotés de manière croissante "en fer à cheval" on commence d'un côté et on redescend de l'autre ... Dans ce contexte, trouver notre hotel dans ce début de nuit glaciale, sur des trottoirs verglacés sur lesquels la valise glisse plus qu'elle ne roule et où nous patinons plus que nous ne marchons, relève du pur bonheur et d'une sacrée dose de chance.  D'autant plus que l'accès à l'hotel n'est pas de toute évidence... une ancienne usine, réaménagée dans le plus pur style loft, abritant une académie de billard, un bar branché et la réception au troisième étage ... Dans ce quartier de Prenzlauer Berg, très huppé et recherché, ce pied à terre se révèlera être un excellent choix. 

Noël à Berlin ... tout est fermé, ou presque! Sans compter le 25, jour de Noël, et le 26 qui est le Stefanstag, férié en Allemagne... et pour finir le 27 qui est un dimanche et où normalement tout est fermé aussi. Un restaurant asiatique ouvert le soir du 24 permettra de reconstituer des forces entamées par ces premières émotions... Le 25 au matin sera encore désert, les berlinois préférant rester au chaud chez eux malgré un fort radoucissement. Mais heureusement les marchés de Noël sont encore actifs pour quelques jours et il y en a partout... donc pas de problème pour se restaurer. Bratwurst, Currywurst, bretzels, feront l'affaire pour les repas de midi... quelques bières et quelques chataignes dont le prix est incroyablement élevé (de deux euros à 3 euros les cent grammes ce qui représente environ six chataignes)...

Dans l'après-midi du 25, les gens sortent et, arpentant vaillamment ces marchés de Noël, ils mangent, boivent causent ... c'est fou ce qu'ils peuvent boire et manger ces berlinois. Le soir les restaurants ouvriront plus largement leurs portes, le 26 quelques commerces et le 28 au matin la vie reprendra définitivement ses droits et l'agitation deviendra alors celle à laquelle on peut s'attendre d'une capitale de trois millions d'habitants... Une découverte que cette ville engourdie!

Une version courte (4mn) et une version plus longue (8mn), mais malheureusement beaucoup de perte de définition avec le format de mise en ligne...

Impressions berlinoises (4mn)


Berlin Noël 2009 (8mn)





 
Par Rakam Lerouge - Publié dans : Carnets
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 22:21
P2385.jpg

Oh le beau cadeau : un calendrier !

Cet objet montre le temps passer.

Mais de le voir passer en couleur,

Ces couleurs venues d’ailleurs

Et qui nous emportent plus loin,

Plu loin, plus loin, plus loin

Où la vie est douce pour toujours

Où c’est Noël tous les jours.

Ils sont là autour de toi

Ceux qui te manquent parfois

Il ne fait ni chaud ni froid et rien

N’empêche de se sentir simplement bien !

Par Rakam Lerouge - Publié dans : A travers la tête
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 22:07

P2355.jpg
Tous les ans

A pareille période

Tout le monde

Adresse

A tout le monde

Ses meilleurs vœux

 

Et chaque année

Inexorablement

Chacun 

Doit tout rejouer

A chaque fois

Sans jamais pouvoir se reposer

Toujours aux abois

 

Toujours plus,

Toujours mieux

Plus vite

Plus fort

Plus haut

 

Et où est le bonheur

Dans ce méli mélo

Par Rakam Lerouge - Publié dans : A travers la tête
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Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 21:59

Noel
Un « K » d’eau

Ne pourrait être emballé

Ni envoyé encore moins déballé

 

Un cas d’eau

Ne pourrait être exposé

Ni étudié encore moins présenté

 

Un cadeau

Peut être envoyé

Peut être accepté

Et même apprécié

 

Un petit arbre de Noël

Des lumières qui scintillent

Et une maison vide

Désespérément vide ! 

Par Rakam Lerouge - Publié dans : A travers la tête
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Samedi 12 décembre 2009 6 12 /12 /Déc /2009 17:27

 

BON ÂNE

HIVER SERT

 

BONNE ANNE

Anver.jpg

Y VERSEUR

 

BANANE

HYPER SERRE

 

BONNE ANNIE

VERSE AIR

 

BON ANNIVERSAIRE

Par Rakam Lerouge - Publié dans : A travers la tête
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