J’aime ma maîtresse
Elle m’apprend des trucs nouveaux
Et ça me fait du bien
Elle me révèle l’essence de la vie
Elle m’éveille l’esprit
Et m’excite les sens
J’adore l’école
J’aime ma maîtresse
Elle m’apprend des trucs nouveaux
Et ça me fait du bien
Elle me révèle l’essence de la vie
Elle m’éveille l’esprit
Et m’excite les sens
J’adore l’école
Aujourd’hui
Il est interdit
De mourir par inadvertance
Par fatalité
Comme çà,
Sans raison.
On est obligé désormais
De mourir après de longues souffrances
Car on aime à vous garder en vie
Sans pour autant vous faire envie.
Mourir par accident ?
Frise l’insolence
Trop propre, trop simple !
Inacceptable !
Il faut survivre avant de mourir
Souffrir, se traîner,
Enlaidir, se salir.
Aux médecins il faut plaire !
Et pas question d’user
Du moindre échappatoire !
Il n’est pas question de finir dignement
Mourir de son vivant
En pleine conscience !
Non il faut s’abandonner,
S’oublier, s’égarer,
Pour rassurer la société
De sa capacité à nous sauver,
Et assurer notre longévité.
Après le bien naître,
Avoir le droit
De ne plus être
Pour notre bien-être
Est-ce un rêve ?
Une utopie ?
Une éventualité ?
Ou un droit légitime ?
Vivre notre mort
Plutôt que détruire notre vie
Permettrait de vivre libre
Et de mourir de vivre !
Ce serait une belle mort ?
Non ?
Il ne faut pas espérer plus qu’on ne peut avoir
C’est la seule façon de ne pas être déçu.
En disant cela,
Ne suis-je pas en train de commettre l’irréparable ?
Il ne faut jamais répondre à ce genre de question.
Un bout, fût-il celui du bout, a toujours deux bouts.
Prendre les choses par le bon bout n’est donc pas chose aisée. Certes, on pourrait prendre ces choses par les deux bouts ! Mais un bout recèle une infinité de bouts.
Faisons une expérience : Prenons un bout de quelque chose, ou de quoi que ce soit d’ailleurs, et coupons le en deux. Vous obtenez deux bouts ayant chacun deux bouts. Si ces bouts sont de bambou, cela nous fera deux bouts de bambous, soit quat’ bons bouts de bambous.
Si ces bouts sont debout, cela nous place face à quat’ bons bouts de bambou debout. Si ces bons bouts de bambou debouts sont dans la boue, et que si nous coupons en deux ces quat’ bons bouts de bambou debouts dans la boue, cela nous amènera à huit bouts de bon bambou debout dans la boue et pas de hibou debout dans la boue dans une forêt de bon bambou !
Il y a toutefois une exception, nous connaissons tous : un bout qui n’a qu’un bout ! Toujours debout (ou presque) ! C’est un bon bout parfois un vrai bambou ! Mais on ne peut pas, contrairement au bout commun, ou comme deux, le mettre n’importe où. Il a l’inconvénient de ne pas pouvoir prendre les choses, ou plutôt ses choses, par le bon bout car c’est, soit les choses, soit le bout, voire même le bout du bout que le commun des mortels aurait parfois tendance a prendre pour un gland.
Car la caractéristique du bout commun c’est de pouvoir se mettre n’importe où :
- dans le train il devient un boute en train
- dans le feu çà donne un boutefeu
- dans le ross galli pour donner un Boutros Galli
- sur le chemin pour faire un bout de chemin
- dans l’eau pour le boulot
- dans l’œil il est possible d’obtenir une bouteille (en anglais bien sûr)
Il peut se décliner par département :
- dans l’Ain pour faire un boudin
- dans le Cher on trouve la bouchère
- dans le Gers il permet de bouger
- dans le Lot et la Drôme il constitue un boulodrome
- dans l’Eure il fait des boudeurs
Il peut se décliner par région prenons l’exemple de la Bourgogne :
- En Côte d’or il fait un bout de Côte d’or … c’est Eve on voit où çà nous a menés, cette histoire de serpent sans queue ni tête, mais ayant deux bouts lui aussi, même s’il se déplace couché !
- Avec la Sarthe, mais quel rapport avec la Bourgogne me direz vous ? il fait la bousarthe … de Dijon bien sûr…
- Il en est de même pour le Tarn qui fait une autre boutarn de Dijon, … eh oui il n’y a pas qu’Amora ce n'est pas une maffia!
Le bout peut aussi se décliner avec des chiffres :
- Avec le un, surtout s’il n’y en n’a qu’un, nous obtenons le bouquin
- Avec le deux un boudeux
- Avec le cinq, un boussin halsacien
- Avec le sept une boussette elle aussi halsacienne
Et enfin nous pouvons le décliner avec l’alphabet :
- le bout d’A bien sûr, divinité suprême,
- le « g » pour le boudget qu’il soit prévisonnel ou pas
- le « l » pour un bout d’aile qui nous fera planer
- et je m’arrêterai là afin d’éviter tout dérapage sur le « q ».
Et ce ne sont là que quelques exemples démontrant l’incommensurable universalité du bout. Mais pour finir je voudrais souligner la possibilité d’enfiler un bout dans un bout afin de constituer un bout à bout, possibilité à laquelle s’ajoute l’éventualité d’introduire un autre bout dans l’autre bout de ce même bout, mais là nous obtiendrions avec ce bout à bout, un bout tabou !
C’est cette universalité du bout, cette faculté d’ubiquité en quelque sorte, qui donne la capacité au bout, à l’instar de la femme, de constituer un sujet sur lequel il est possible de s’étendre longuement.
Bref, nous l’aurons compris, aller au bout du bout est une aventure sans limite et peut se transformer en une démarche susceptible de nous conduire aux pires extrémités. De plus, lorsque nous pensons être arrivés au bout, nous ne pouvons jamais être sûrs d’être arrivés vraiment au bout et a fortiori de tenir le bon bout.
Parce qu’un bout, fût-il celui du bout a toujours deux bouts…
Se contenter simplement d’être
Ce qu’on est,
Ou
Chercher son contentement
Dans le devenir ?
C’est tout le mystère,
L’éternelle question du bonheur
Pouvoir dire
Enfin
Un jour
Un soir
Une fois
Une fois seulement
Rien qu’une fois :
« Tout va bien »